Vitrine 1
Le site internet
Trois scénarios distincts, qu'on confond souvent. La défiguration : votre page d'accueil est remplacée par un message politique ou provocateur — visible immédiatement, dévastateur en image. La compromission discrète : le site reste identique, mais une page de paiement, un formulaire ou un IBAN ont été modifiés, ou du contenu invisible a été injecté pour référencer des produits qui ne sont pas les vôtres. Le clonage : un site jumeau est monté ailleurs, sur un domaine à une lettre près.
Le plus dangereuxLa compromission discrète. Elle peut durer des mois. Vos clients paient de bonne foi sur votre site — l'argent va ailleurs.
Vitrine 2
La messagerie officielle
Deux formes également graves. L'usurpation d'expéditeur : personne n'est entré dans votre boîte, mais un message est envoyé en affichant votre adresse, parce que votre nom de domaine n'est pas protégé contre cela. La compromission réelle : l'attaquant lit vos échanges, apprend vos habitudes, vos noms de clients, vos montants — puis reprend un fil de discussion existant pour annoncer un changement de coordonnées bancaires. C'est le mécanisme du faux ordre de virement.
Signe à connaîtreUne règle de transfert automatique ou de mise à la corbeille créée à votre insu : elle sert à vous cacher les réponses de vos clients.
Vitrine 3
Les pages de réseaux sociaux
Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok. Une page professionnelle se gère toujours depuis des comptes personnels : la sécurité de votre page vaut celle du compte personnel le plus faible parmi ses administrateurs. Une fois la page prise, l'attaquant en change le nom, publie des offres frauduleuses à votre audience, répond en messages privés à vos clients, et surtout lance des campagnes publicitaires payées avec le moyen de paiement enregistré sur le compte.
Coût immédiatDes dépenses publicitaires non autorisées apparaissent dans les toutes premières heures. Traitez ce type de piratage comme une urgence financière.
Vitrine 4
La fiche d'établissement Google
C'est elle qui affiche votre adresse, vos horaires, votre téléphone, votre note et vos avis dans la recherche et sur Maps. Une fiche non revendiquée peut être revendiquée par un tiers. Une fiche revendiquée peut être modifiée : numéro de téléphone remplacé, lien vers un autre site, horaires faussés, ou fiche marquée « définitivement fermée ». Google indique lui-même qu'un établissement non revendiqué est plus vulnérable.
Fraude fréquenteUn appel prétendument de « l'assistance Google » qui vous demande un code de validation. Google ne procède jamais ainsi.
Vitrine 5
Le nom de domaine
La vitrine qu'on oublie toujours, et pourtant celle qui commande toutes les autres : il porte le site et les adresses de messagerie. Trois façons de le perdre : l'oubli de renouvellement (carte bancaire expirée chez le registrar, courriel d'alerte parti dans une boîte que personne ne lit), le transfert frauduleux après piratage du compte du registrar, et la modification des enregistrements DNS, qui redirige silencieusement votre trafic et vos courriels ailleurs.
Point cléPerdre son domaine, c'est perdre son site, sa messagerie et son référencement d'un seul coup — et il est parfois racheté dans l'heure.
Vitrine 6
Les plateformes et places de marché
Votre compte de réservation, votre boutique sur une place de marché, votre espace transporteur, votre logiciel de facturation en ligne, votre outil d'envoi de newsletters. Ils contiennent votre fichier client, vos coordonnées bancaires et le droit d'écrire en votre nom. Le rapport 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr cite explicitement des piratages de comptes Booking.com et Colissimo Entreprise.
Effet dominoUn compte d'envoi de newsletters compromis permet d'écrire à toute votre base clients, depuis une plateforme légitime que les filtres anti-spam laissent passer.
Et les avis clients
Ils ne sont pas une septième vitrine : ils sont la conséquence de toutes les autres. Un client trompé par un faux site ou par une fausse page à votre nom laisse un avis sincèrement furieux sur votre vraie fiche. C'est ce qui rend ces avis si difficiles à faire retirer : leurs auteurs sont réellement victimes, ils se trompent seulement de coupable. Il existe aussi des campagnes d'avis négatifs délibérées, parfois assorties d'une demande d'argent pour les faire cesser.